Et le moins que l’on puisse dire est que le système a un gout d’inachevé. Je n’ai jamais eu l’occasion de tester le Vélib’ parisien ou tout autre système similaire, mais il semblerait que la précipitation ait joué contre la qualité à Nice. Il faut dire qu’aucune communication sur le projet n’était faite au début de l’année 2009, puis on parlait d’une mise en service progressive à la rentrée scolaire de septembre, donc la surprise a été totale de trouver les Vélos Bleus installés à mon arrivée à la mi-juillet !

D’après mon expérience personnelle, plusieurs dysfonctionnements sont à constater. Certains seront rectifiables avec le temps — le manque de pistes cyclables est criant, et aucun tracé n’est réellement continu à l’exception de la Promenade des Anglais, vitrine de la ville. Il faudra néanmoins du temps pour développer le réseau de ces pistes, même si un planning est établi (mais ce n’est pas le planning en lui-même qui va aménager les pistes…).

D’autres dysfonctionnements sont plus gênants car ils concernent le fondement même du système. Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que les bornes retenant les vélos sont alimentées par de petites batteries ! Il n’est donc pas rare de trouver une station où deux ou trois bornes sur quatre refusent obstinément de s’allumer. Par ailleurs, cela implique de venir les changer, ces batteries, et avec une camionnette s’ils vous plait. Pour l’aspect écologique, on repassera. Ajoutons à cela les bornes déconnectées du réseau par l’opérateur SFR et celles qui ne fonctionnent pas pour d’autres raisons, et l’on comprend facilement qu’on ne peut pas forcément rendre le vélo à la station que l’on veut, même lorsque celle-ci est aux trois-quarts vide !

Enfin, citons le fait que le mode de paiement n’est pas des plus simples, puisqu’il faut disposer d’un téléphone portable et d’une carte bancaire. Cela peut exclure de facto un certain nombre de personnes, du senior peu à l’aise avec le téléphone portable, à l’étranger qui va payer un prix exorbitant pour utiliser son téléphone, ou encore à la personne sans carte bancaire.

Mode d’emploi : d’abord appeler un serveur vocal avec son téléphone portable, pour créer un compte et déclarer son numéro de carte bancaire. Puis se rendre à une borne — qui veut bien fonctionner — et sélectionner « louer un vélo ». Il faudra ensuite appeler la borne avec son téléphone portable pour que l’identification se fasse. Chaque borne est en effet équipée d’une carte SIM. Pas évident tout cela, si l’on compare au Vélib’ où tout peut se faire directement sur la borne. Enfin, l’utilisateur était censé pouvoir consulter son compte sur Internet, mais la fonctionnalité semble avoir été retirée du site après plusieurs jours d’indisponibilité.

Mais ne noircissons pas entièrement le tableau, le système a aussi ses bons côtés ! Notamment le prix, inférieur au Vélib’. Alors qu’à Paris la demie-heure passe à 4 euros à partir d’une heure et demie de location, le tarif est beaucoup plus léger à Nice puisque l’heure est facturée 2 euros après la première qui n’en coute qu’un.

Si l’on n’est pas pressé, voilà donc de quoi s’offrir un tour en vélo dans un cadre assez sympathique à moindre frais — ce sont les autres loueurs qui vont faire la tête !